Les perspectives économiques de l'Afrique de l'Ouest

 

GLOBALEMENT, la poursuite d’une forte croissance, la profonde modification de l’équilibre entre continents et l’urbanisation croissante restent trois évolutions majeures. Mais de nouvelles directions apparaissent. Dans ce monde en évolution, l’Afrique reste une exception dans plusieurs domaines. Dépassant toutes les estimations, l’accroissement de la population africaine serait de 33 % jusqu’en 2025, puis de 66 %... Soit une augmentation totale de 120 % portant la population africaine à 2,4 milliards en 2050. Cette progression est principalement due au maintien d’un indice de fécondité très élevé et très éloigné des autres parties du monde. Deux grands blocs confirmeront leur puissance démographique à cet horizon : l’East African Community (EAC) et l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA).

Il faut savoir que la population africaine est la plus jeune du monde. En moyenne, on estime que les moins de 15 ans représentent actuellement 40 à 50 % du total et dix fois plus nombreux que les plus de 65 ans rassemblant 4 % de l’ensemble. Cette structure par âge va permettre à la population active africaine de poursuivre sur les trente prochaines années, une croissance de son poids relatif. Ces spécificités apportent à l’Afrique, des atouts mais également des challenges :

  • À court terme, de lourds besoins en investissements en matières d’éducation, mais aussi de grands potentiels pour une forte croissance de la production ;
  • À moyen et long terme, d’immenses marchés de consommateurs, mais la nécessité de créer des emplois à la dimension d’une offre de la main-d’œuvre qui est en nette progression.

Les caractéristiques présentes de la croissance économique en Afrique subsaharienne, telles observées aujourd’hui s’adaptent, voire favorisent une accentuation des inégalités financières et sociales qui pénalisent elles-mêmes l’introduction d’un développement plus performant en termes de création d’emplois et l’amélioration des indicateurs sociaux. Divers cercles vicieux viennent ainsi freiner la propagation des effets positifs d’une croissance soutenue, mais qui ne touche encore que quelques secteurs. La solution face à ce cercle vicieux serait d’agir vite, avec courage, lucidité et solidarité.

Depuis la crise économique de 2008, le continent africain a su remonter la pente et particulièrement l’Afrique de l’Est et l’Afrique de l’Ouest. En effet avec une croissance moyenne de 6 % (ou plus pour certains pays) depuis 2012, ces deux parties de l’Afrique sont plus dynamiques que les pays en développement africains qui avaient une croissance tournant autour de 3 %. Mais le plus intéressant c’est que l’Afrique de l’Ouest est la zone la plus dynamique du continent avec une croissance de plus de 7 % en 2014 et en 2015 ! En outre la croissance ne fait qu’augmenter, se diversifier permettant ainsi le passage à un véritable développement économique et social.

Cette croissance doit également beaucoup à la relance de l’investissement après vingt années de stagnation, « avec la reprise de la croissance depuis dix ans et la remarquable résilience dont elle a fait preuve face aux chocs internationaux, l’Afrique séduit de plus en plus les investisseurs étrangers ».

En plus de cette croissance émergeante que connaît l’Afrique de l’Ouest, cette partie de l’Afrique dispose d’une zone communautaire nommée UEMOA (Union Économie et Monétaire de l’Afrique de l’Ouest) offrant diverses opportunités d’affaires et d’investissements qu’il faut prendre en compte. Elle dispose notamment :

  • D’un environnement libéral garantissant la liberté d’investir et le libre transfert des revenus ;
  • D’une position géographique stratégique qui en fait un carrefour pour atteindre un marché d’au moins 90 millions de consommateurs ;
  • D’une abondance de ressources agricoles et minières ;
  • D’un dispositif financier et d’assurance performants via la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières et une société de capital-risque SOAGA ;
  • D’un dispositif fiscal et un système comptable harmonisé ;
  • D’une intégration économique réussie via différentes politiques mises en place ;
  • De programmes d’accompagnement des entreprises et de facilitation des affaires ;
  • D’un programme communautaire d’amélioration du climat des affaires en cours d’élaboration via une législation et fiscalité adaptées ;
  • De faire des affaires en toute sérénité

Plus précisément, il existe deux principales organisations régionales dans cette zone et notamment l’Union Économie et Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA, composée de 8 pays membres) et la Communauté Économiques des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO, composée de 15 pays membres). Ces deux organisations mettent en œuvre une « stratégie d’accélération du processus d’intégration en Afrique de l’Ouest », prévoyant un processus de concertation et de convergence à long terme par le biais d’une approche à géométrie variable et à rythmes différents entre les deux organisations régionales.

Il faut savoir que dans la zone de la CEDEAO et de l’UEMOA, les marchandises circulent librement sans entraves douanières permettant de diversifier les débouchés et les fournisseurs. Il est possible de bénéficier de programme de facilitation des transports et d’harmonisation des procédures de transit, cela vaut également pour la circulation des capitaux. Pour les entrepreneurs, il est possible d’investir sans entrave dans ces deux zones. On peut donner l’exemple de prises de participation, de rachats de sociétés ou réciproquement, de bénéfices d’investissements étrangers pour les entreprises. Le fait de se trouver dans un pays membre de la CEDEAO ou de l’UEMOA donne accès à la main-d’œuvre de tous les autres pays membres. Il faut savoir que les ressortissants des États-membres de ces deux zones peuvent se déplacer librement sur l’ensemble des territoires dont ils ne sont pas ressortissants, d’y résider et de s’y établir afin d’y exercer un emploi ou de créer une entreprise.

Pour pouvoir investir librement et de bénéficier de la plus grande liberté d’établissement dans l’espace communautaire, il faut obtenir l’agrément du statut d’entreprise communautaire auprès de l’État-membre dans lequel se trouve le siège social. Pour cela, il faut déposer une demande d’agrément auprès du comité national d’agrément qui contient une description complète de l’identité de l’entreprise.

Le fait d’établir une société dans l’UEMOA ou dans la CEDEAO, est soumis au droit des affaires de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA). Dans ces zones, la création d’entreprise se fait en fonction des lois en vigueur dans l’Etat-membre où est situé le siège social. Toute personne physique ou morale désirant exercer une activité de commerce doit au préalable s’immatriculer (aussi appelé Code importateur-exportateur) auprès du Ministère du Commerce concerné, afin d’obtenir un numéro d’identification. Concernant le renouvellement du Code importateur-exportateur, il est subordonné à la présentation d’une attestation de patente.

Une analyse et une comparaison des pays de l’Afrique de l’Ouest donnera un réel aperçu de leur potentiel. Pour cette analyse, on ne prendra en compte que les cinq pays les mieux classés en Afriques de l’Ouest selon le classement « Doing Business 2016 » fait par la Banque Mondiale : le Mali, Le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Cap-Vert et le Ghana. 

 

Données concernant le Mali pour l’année 2016 :

  • Population : 15 768 722
  • Monnaie (cours du 05.04.16) Franc CFA : 1 USD = 578,30 XOF
  • PIB par habitant (USD) : 720
  • Faciliter de faire des affaires : 148/189
  • Création d’entreprise : 172/189
  • Octroi du permis de construire :152/189
  • Transfert de propriété : 140/189
  • Obtention de prêt : 133/189
  • Protection des investisseurs minoritaires : 166/189
  • Commerce transfrontalier : 82/189

 

Données concernant le Burkina Faso pour l’année 2016 :

  • Population : 17 419 615
  • Monnaie (cours du 05.04.16) Franc CFA : 1 USD = 578,30 XOF
  • PIB par habitant (USD) : 710
  • Faciliter de faire des affaires : 143/189
  • Création d’entreprise : 78/189
  • Octroi du permis de construire : 76/189
  • Transfert de propriété : 146/189
  • Obtention de prêt : 133/189
  • Protection des investisseurs minoritaires : 144/189
  • Commerce transfrontalier : 103/189

 

Données concernant la Côte d’Ivoire pour l’année 2016 :

  • Population : 20 804 774
  • Monnaie (cours du 05.04.16) Franc CFA : 1 USD = 578,30 XOF
  • PIB par habitant (USD) : 1 550
  • Faciliter de faire des affaires : 142/189
  • Création d’entreprise : 46/189
  • Octroi du permis de construire : 180/189
  • Transfert de propriété : 109/189
  • Obtention de prêt : 133/189
  • Protection des investisseurs minoritaires : 155/189
  • Commerce transfrontalier : 142/189

 

Données concernant le Cap-Vert pour l’année 2016

  • Population : 503 603
  • Monnaie (cours du 05.04.16) Escudo : 1 USD = 96,81 CVE
  • PIB par habitant (USD) : 3 520
  • Faciliter de faire des affaires : 126/189
  • Création d’entreprise : 75/189
  • Octroi du permis de construire : 104/189
  • Transfert de propriété : 74/189
  • Obtention de prêt : 109/189
  • Protection des investisseurs minoritaires : 163/189
  • Commerce transfrontalier : 106/189
 
Données concernant le Ghana pour l’année 2016
  • Population : 26 442 178
  • Monnaie (cours du 05.04.16) Cedi : 1 USD = 3,83 GHS 
  • PIB par habitant (USD) : 1 620
  • Faciliter de faire des affaires: 114/189
  • Création d’entreprise : 102/189
  • Octroi du permis de construire : 132/189
  • Transfert de propriété : 77/189
  • Obtention de prêt : 42/189
  • Protection des investisseurs minoritaires : 66/189
  • Commerce transfrontalier : 171/189
 

 

On constate déjà une certaine différence sur le plan entrepreneurial entre ces cinq pays, que ce soit au niveau national ou international. Globalement, les pays comme le Mali, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire (membres de l’UEMOA) qui ont la même monnaie (qui n’est pas forte), ne sont pas bien classé pour faire des affaires. Si on se fie aux chiffres données, cela est dû au fait que ces pays ne donnent pas beaucoup d’opportunité à la création et au développement d’une entreprise. Même s’il est vrai que comparé à ses voisins, le Burkina Faso est un pays où il est facile de créer sa société et dispose d’un PIB par habitant supérieur à la moyenne. Toutefois cela n’est pas suffisant pour les entrepreneurs de s’y implanter. On pourrait en conclure que le Cap-Vert et le Ghana (qui ne font pas membre de l’UEMOA et de la CEDEAO) sont les deux seuls pays de l’Afrique de l’Ouest permettant d’avoir des opportunités, mais ce n’est pas tout à fait le cas.

En effet si les données concernant le PIB par habitant, le fait de créer une entreprise et le fait de transférer ses biens du Cap-Vert sont très élevées, sa monnaie reste plutôt faible et surtout, c’est une île qui est éloignée du continent africain. De ce fait, le seul pays qui sort vraiment du lot est le Ghana car il dispose l’une des monnaies d’Afrique les plus fortes, des opportunités d’affaires plus qu’intéressante que ce soit au niveau national ou international. De plus, le Ghana est le pays d’Afrique de l’Ouest donnant une protection des investisseurs minoritaires la plus élevée et donc il faut que les entrepreneurs étrangers prennent en compte. Même s’il est vrai que le Ghana a chuté dans le classement sur la facilité de faire des affaires par rapport à 2012, il reste néanmoins un pays ayant des potentiels d’avenir extrêmement élevé par rapport à ces voisins

 

 

Référence :

 

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